Prix EHPAD : 2 214 euros par mois en moyenne

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Combien coûte un EHPAD en France ? Le prix moyen d'une place s'élève à 2 214 euros par mois, et le reste à charge moyen atteint 1 957 euros une fois toutes les aides déduites, soit plus que la pension de retraite nette de la plupart des résidents. Pour beaucoup de familles, l'hébergement d'un proche âgé devient la dépense la plus lourde des dernières années de vie.

En résumé

En France, une place en EHPAD coûte en moyenne 2 214 euros par mois. Une fois toutes les aides déduites, le reste à charge moyen atteint 1 957 euros, soit davantage que la pension de retraite de la plupart des résidents. Pour beaucoup de familles, l'hébergement d'un proche âgé devient la dépense la plus lourde des dernières années de vie.

Cette page rassemble les statistiques essentielles sur le prix des EHPAD en France : ce que coûte réellement une place, comment la facture se répartit entre hébergement, dépendance et soins, quelles aides existent, comment l'aide sociale à l'hébergement est récupérée sur la succession et combien les tarifs varient d'un département à l'autre. Chaque chiffre est relié à une source que vous trouverez en bas de page.

Combien coûte un EHPAD : le tarif hébergement et le reste à charge

La première dépense en maison de retraite est le tarif hébergement, payé par le résident. Voici ce qu'il représente concrètement chaque mois et ce qui reste à payer une fois les aides déduites.

1. Environ 2 200 euros par mois pour une chambre habilitée à l'aide sociale

En 2024, le prix de référence moyen d'une chambre habilitée à l'aide sociale à l'hébergement (ASH) s'élève à 2 164 euros par mois, hébergement et dépendance compris. Ce tarif correspond à 66 euros par jour en moyenne.1

2. Plus de 3 100 euros par mois dans une chambre non habilitée à l'aide sociale

Toujours en 2024, une chambre non habilitée à l'ASH coûte en moyenne 3 128 euros par mois, soit 98,25 euros par jour. L'écart avec les chambres habilitées atteint donc près de 1 000 euros par mois à l'échelle nationale.2

3. Un reste à charge moyen de 1 957 euros par mois

Selon la DREES, les frais de séjour atteignent en moyenne 2 385 euros par mois, dont 1 875 euros pour l'hébergement et 510 euros pour la dépendance. Après déduction de l'ensemble des aides (mais avant l'ASH), le reste à charge moyen du résident s'élève à 1 957 euros par mois.3

4. Les prix ont encore augmenté de 4 % en un an

En 2024, les tarifs des EHPAD ont progressé de 4,0 % par rapport à 2023, après une hausse de 4,4 % l'année précédente. Cette augmentation reste plus rapide pour les chambres non habilitées à l'ASH (+4,4 %) que pour les chambres habilitées (+3,8 %).4

Les trois tarifs : hébergement, dépendance et soins

La facture d'un EHPAD se décompose en trois tarifs distincts, et chacun a son financeur. Comprendre qui paie quoi est essentiel pour anticiper le coût réel.

5. Trois tarifs, trois financeurs différents

La facture comprend le tarif hébergement (logement, repas, entretien), payé par le résident, le tarif dépendance lié au niveau de perte d'autonomie, et le tarif soins. Le tarif soins est pris en charge par l'Assurance maladie et n'apparaît pas sur la facture du résident.5

6. Le tarif dépendance varie de 6 à près de 23 euros par jour selon le GIR

En 2024, le tarif dépendance journalier moyen s'élève à 22,65 euros pour les personnes les plus dépendantes (GIR 1-2), à 14,36 euros pour les GIR 3-4 et à 6,11 euros pour les GIR 5-6. Plus la perte d'autonomie est forte, plus ce tarif est élevé.6

7. L'hébergement représente près de 80 % des frais de séjour

Sur des frais de séjour moyens de 2 385 euros par mois, l'hébergement pèse 1 875 euros et la dépendance 510 euros, d'après la DREES. La part hébergement, qui reste presque entièrement à la charge du résident, constitue donc l'essentiel de la dépense.7

Les aides : l'APA et l'ASH

Deux dispositifs départementaux allègent la facture : l'APA pour la dépendance et l'ASH pour l'hébergement. Mais l'ASH a des contreparties lourdes pour la famille.

8. Près de 550 000 résidents bénéficient de l'APA en établissement

En 2019, environ 550 000 personnes percevaient l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) en établissement, pour un montant moyen de 338 euros par mois. L'APA couvre une partie du tarif dépendance pour les résidents classés en GIR 1 à 4.8

9. Pas de participation au tarif dépendance sous 2 846,77 euros de revenus

Un résident seul dont les revenus mensuels ne dépassent pas 2 846,77 euros ne paie que le tarif dépendance le plus faible (GIR 5-6), l'APA prenant en charge le reste. Au-delà de 4 379,64 euros de revenus mensuels, la participation atteint 80 % de la différence avec ce tarif plancher.9

10. L'ASH laisse au moins 10 % des revenus au résident, jamais moins de 125 euros

Quand l'aide sociale à l'hébergement (ASH) est versée, le résident doit consacrer jusqu'à 90 % de ses revenus aux frais d'hébergement. Il lui reste au minimum 10 % de ses ressources, et en aucun cas moins de 125 euros par mois pour ses dépenses personnelles.10

11. L'ASH fait appel à l'obligation alimentaire des enfants

Avant d'accorder l'ASH, le département évalue ce que peuvent payer les obligés alimentaires : les enfants, mais aussi les gendres et belles-filles. Les petits-enfants, eux, sont exonérés de cette obligation.11

12. L'ASH est récupérée sur la succession au décès

Les sommes versées au titre de l'ASH sont récupérables par le conseil départemental sur l'actif net de la succession du bénéficiaire décédé. Le patrimoine personnel des héritiers n'est pas touché, mais leur héritage est réduit d'autant. S'il n'y a pas de succession, il n'y a pas de récupération.12

13. L'ASH divise par deux le reste à charge de ses bénéficiaires

Pour les résidents qui en bénéficient, l'ASH atteint 895 euros par mois en moyenne et ramène le reste à charge à 921 euros, contre 1 988 euros pour les non-bénéficiaires. Les donations consenties dans les dix ans précédant la demande peuvent toutefois être reprises en compte.13

Différences territoriales et public contre privé

Le prix d'un EHPAD dépend fortement du département et du statut de l'établissement. Les écarts d'un territoire à l'autre se comptent en milliers d'euros.

14. De 1 749 euros en Meuse à 3 698 euros à Paris

Selon l'UFC-Que Choisir, le coût moyen d'une place varie de 1 749 euros par mois dans la Meuse à 3 698 euros à Paris, suivie des Alpes-Maritimes à 2 679 euros. La moyenne nationale s'établit à 2 214 euros par mois.14

15. Près de 1 000 euros d'écart entre EHPAD privé et public

D'après l'UFC-Que Choisir, un EHPAD privé commercial coûte en moyenne 2 898 euros par mois, contre 2 147 euros pour un EHPAD associatif et 1 936 euros pour un EHPAD public. Le statut de l'établissement explique une large part des écarts de prix.15

16. Le tarif journalier va de 64,64 euros dans le public à plus de 100 euros dans le privé lucratif

En 2024, le tarif hébergement de référence le plus modéré se trouve dans le public, à 64,64 euros par jour pour les chambres habilitées à l'ASH. Dans le privé lucratif, la médiane des chambres non habilitées dépasse 100 euros par jour, avec des prix allant de 81 à 130 euros.16

17. Les places habilitées à l'aide sociale sont concentrées dans le public

Les chambres habilitées à l'ASH représentent 98 % des places dans les établissements publics et 82 % dans le privé non lucratif. Elles restent minoritaires dans les EHPAD privés à but lucratif, ce qui limite l'accès à l'aide sociale dans ce secteur.17

Combien de personnes vivent en EHPAD ou en perte d'autonomie

Derrière ces tarifs, ce sont des centaines de milliers de familles concernées. Voici l'ampleur de l'accueil en établissement en France.

18. 573 100 personnes vivent en EHPAD fin 2023

Fin 2023, 573 100 personnes résidaient en EHPAD, dont 550 200 en hébergement permanent, selon l'enquête EHPA de la DREES. Le nombre de résidents en EHPAD a baissé de 3,6 % en quatre ans.18

19. 697 000 personnes accueillies dans l'ensemble des établissements pour personnes âgées

Fin 2023, 697 000 personnes fréquentaient un établissement d'hébergement pour personnes âgées (EHPA), soit 4,5 % de moins qu'en 2019. Parmi elles, plus de 80 % vivent en EHPAD.19

20. 85 % des résidents sont en perte d'autonomie

En 2023, 85,0 % des résidents d'EHPA sont classés en GIR 1 à 4, c'est-à-dire en perte d'autonomie, une proportion stable par rapport à 2019. Par ailleurs, 268 200 résidents souffrent d'une maladie neurodégénérative, soit 38 % de l'ensemble.20

21. La moitié des résidents ont plus de 87 ans et 11 mois

Fin 2023, la moitié des résidents d'établissements pour personnes âgées ont plus de 87 ans et 11 mois, contre 86 ans et 5 mois fin 2011. Près de 30 % des personnes présentes au 31 décembre 2023 étaient arrivées au cours de l'année, signe d'un renouvellement permanent.21

Tendances et perspectives

Le vieillissement de la population et la hausse continue des tarifs pèsent de plus en plus lourd. Le reste à charge dépasse souvent les revenus des résidents.

22. 700 000 seniors en perte d'autonomie de plus d'ici les années 2050

La France comptait 2 031 000 seniors en perte d'autonomie en 2021. Selon l'INSEE, ce nombre atteindrait son maximum en 2052, avec 2,8 millions de personnes, soit 700 000 de plus qu'en 2021.22

23. 41,8 % des 85 ans ou plus sont en perte d'autonomie

La perte d'autonomie progresse fortement avec l'âge : elle touche 4,4 % des 60-74 ans, 13,5 % des 75-84 ans et 41,8 % des 85 ans ou plus. Or le nombre de personnes de 85 ans ou plus augmenterait de 77 % entre 2031 et 2052.23

24. Le reste à charge dépasse la pension de retraite moyenne

Fin 2023, la pension de retraite moyenne de droit direct était de 1 666 euros bruts par mois, soit 1 541 euros nets. Or le reste à charge moyen en EHPAD atteint 1 957 euros par mois avant ASH, un montant supérieur à la pension nette de la plupart des résidents.24

25. 76 % des résidents ne peuvent pas financer leur reste à charge avec leurs seuls revenus

D'après la DREES, 76 % des seniors en établissement n'ont pas des ressources courantes suffisantes pour couvrir leur reste à charge. Beaucoup doivent puiser dans leur épargne ou vendre leur patrimoine : à l'échelle nationale, les résidents prélèvent en moyenne 416 euros par mois sur leur épargne, et jusqu'à 1 118 euros en Seine-Saint-Denis.25

26. Un taux d'occupation en baisse, à 92,1 %

Fin 2023, le taux d'occupation des établissements pour personnes âgées s'établit à 92,1 %, en recul de 3,6 points par rapport à 2019. Dans le même temps, le nombre de places disponibles n'a diminué que de 0,8 %, ce qui traduit un début de virage vers le maintien à domicile.26

Ce que montrent les rapports publics

Au-delà des statistiques de la DREES, plusieurs institutions indépendantes documentent le coût des EHPAD et la pression qu'il fait peser sur les finances publiques comme sur les familles.

27. La Cour des comptes chiffre la dépense publique à 11,24 milliards d'euros

Selon la Cour des comptes, les dépenses publiques de soins et de dépendance en EHPAD ont atteint 11,24 milliards d'euros en 2019, après une hausse de 30 % entre 2011 et 2019, soit près de trois fois plus vite que le PIB. La Cour estime qu'une réforme du financement de ces deux volets coûterait 1,3 à 1,9 milliard d'euros par an.27

28. 66 % des EHPAD étaient déficitaires en 2023

Un rapport d'information du Sénat alerte sur la dégradation financière du secteur : la part des EHPAD en déficit est passée de 27 % en 2020 à 66 % en 2023. Dans le secteur public hospitalier, 84,4 % des établissements étaient déficitaires en 2023, signe que la hausse des coûts dépasse les recettes tarifaires.28

29. Le reste à charge de la dépendance représente 7 milliards d'euros par an

Un précédent rapport du Sénat évaluait le reste à charge total lié à la dépendance à environ 7 milliards d'euros par an pour près de 1,2 million de personnes, avec un reste à charge médian en EHPAD d'environ 1 850 euros par mois. Cette moyenne masque de fortes disparités selon le territoire et le niveau de revenus.29

30. Rester à domicile coûte plus de 900 euros de moins par mois

Le Haut Conseil de la famille, de l'enfance et de l'âge (HCFEA) a comparé le coût d'une prise en charge selon le lieu de vie : le reste à charge est toujours plus faible à domicile qu'en EHPAD, avec un écart de plus de 900 euros par mois en faveur du domicile. C'est l'une des raisons du virage domiciliaire amorcé ces dernières années.30

31. Le rapport Libault proposait de réduire le reste à charge de 300 euros

La concertation Grand âge et autonomie (rapport Libault) estimait la participation des résidents, après aides et obligation alimentaire, à un peu moins de 1 850 euros par mois pour la moitié d'entre eux. Elle proposait une baisse de 300 euros par mois pour les revenus modestes et un objectif de dépense publique pour l'autonomie porté à 1,6 % du PIB en 2030.31

32. 1,4 million de personnes vivent avec la maladie d'Alzheimer

Selon la Fondation Médéric Alzheimer, 1,4 million de personnes vivent aujourd'hui avec la maladie d'Alzheimer en France, un nombre qui pourrait atteindre 2,3 millions d'ici 2050. Le coût global de la maladie est estimé à 32 milliards d'euros par an, dont 14 milliards correspondent à l'aide non rémunérée apportée par les proches.32

33. Les frais à la charge du résident ne descendent jamais sous 1 500 euros

Un état des lieux de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) relevait que les coûts mis à la charge du résident ou de sa famille pour un séjour en EHPAD ne sont jamais inférieurs à 1 500 euros par mois, et dépassent souvent les montants communément avancés. Le reste à charge réel est donc structurellement élevé, quel que soit l'établissement.33

Le coût d'un EHPAD peut absorber le patrimoine qui devait un jour revenir à la famille, d'autant que l'aide sociale à l'hébergement est récupérée sur la succession au décès. Décider à temps qui doit recevoir quoi permet de garder la main, plutôt que de s'en remettre à la seule dévolution légale. Pour le mettre par écrit, vous pouvez utiliser notre générateur de testament ou lire les articles Combien hérite-t-on en moyenne en France ? et Combien de personnes ont un testament ?.

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Questions fréquentes

Combien coûte un EHPAD par mois ?

Le tarif d'hébergement moyen est de 2 214 euros par mois. Le reste à charge, après aides, s'élève en moyenne à 1 957 euros, souvent plus que la retraite du résident.

Quelles aides existent pour financer un EHPAD ?

Deux dispositifs principaux : l'APA, qui aide à financer la dépendance, et l'ASH (aide sociale à l'hébergement), versée par le département sous conditions de ressources pour les places habilitées.

Sources

  1. 1CNSA (cnsa.fr)
  2. 2CNSA (cnsa.fr)
  3. 3DREES (drees.solidarites-sante.gouv.fr)
  4. 4CNSA (cnsa.fr)
  5. 5Pour les personnes âgées (pour-les-personnes-agees.gouv.fr)
  6. 6CNSA (cnsa.fr)
  7. 7DREES (drees.solidarites-sante.gouv.fr)
  8. 8DREES (drees.solidarites-sante.gouv.fr)
  9. 9Service-Public (service-public.gouv.fr)
  10. 10Service-Public (service-public.gouv.fr)
  11. 11Service-Public (service-public.gouv.fr)
  12. 12Pour les personnes âgées (pour-les-personnes-agees.gouv.fr)
  13. 13DREES (drees.solidarites-sante.gouv.fr)
  14. 14UFC-Que Choisir (quechoisir.org)
  15. 15UFC-Que Choisir (quechoisir.org)
  16. 16CNSA (cnsa.fr)
  17. 17CNSA (cnsa.fr)
  18. 18DREES (drees.solidarites-sante.gouv.fr)
  19. 19DREES (drees.solidarites-sante.gouv.fr)
  20. 20DREES (drees.solidarites-sante.gouv.fr)
  21. 21DREES (drees.solidarites-sante.gouv.fr)
  22. 22INSEE (insee.fr)
  23. 23INSEE (insee.fr)
  24. 24DREES (drees.solidarites-sante.gouv.fr)
  25. 25DREES (drees.solidarites-sante.gouv.fr)
  26. 26DREES (drees.solidarites-sante.gouv.fr)
  27. 27Cour des comptes (ccomptes.fr)
  28. 28Sénat (senat.fr)
  29. 29Sénat (senat.fr)
  30. 30HCFEA (hcfea.gouv.fr)
  31. 31Rapport Libault (solidarites.gouv.fr)
  32. 32Fondation Médéric Alzheimer (fondation-mederic-alzheimer.org)
  33. 33IGAS (igas.gouv.fr)
Max Kuch

À propos de l'auteur

Max Kuch

Max Kuch travaille depuis des années sur le droit des successions, la planification patrimoniale et les sujets de consommation liés à l'héritage et à la transmission. Pour Testament Facile, il rassemble et vérifie des données officielles et des études représentatives, ici notamment de la DREES, de la CNSA, de l'INSEE, de la Cour des comptes, du Sénat, du HCFEA, de la Fondation Médéric Alzheimer et de l'UFC-Que Choisir, et les présente de façon claire.

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